En fait j’ai foiré, une fois de plus !

Je foire mais je souris ! (bon j’ai un peu versé quelques larmes hier…)

Aujourd’hui c’est le début l’été, et comme l’a voulu si fort Jack Lang, ancien Ministre de la culture, c’est aussi le jour de la fête de la musique. Alors que toutes les villes de France s’apprêtent à résonner et claironner à plein tube, je repense à ce qui me rattache le plus à cette célébration : ma pratique du violon… et l’audition que j’ai foiré !

La fascination du violon

Je ne dirais pas que le violon est l’instrument le plus facile, loin de là… Ce petit instrument intemporel si beau et si mignon en apparence peut être un véritable instrument de torture et de souffrance pour ses voisins (si son appartement ou sa maison n’est pas insonorisé), sa famille (si on vit avec), son·sa chéri·e (si on en a), ou soi-même. Et pourtant, lorsqu’on arrive au Saint Graal de la « justesse » dans chaque infime note jouée, lorsqu’on parvient à la maîtrise du rythme, lorsqu’on allie savamment équilibre, souplesse et force, alors cet instrument de torture se transforme en un merveilleux medium de félicité capable d’enchanter et de fasciner même les plus sceptiques de la musique.

Tout était censé se dérouler pour le mieux

Comme je le disais dans l’article « Idéalement… je suis une artiste »  j’ai bravé mes craintes pour reprendre le violon il y a pratiquement deux ans maintenant. Par rapport à la première année où je ne voyais aucune évolution, depuis que j’ai acquis en janvier un nouveau violon d’étude plus facile à accorder et à manier, j’apprends avec plus d’aisance et je ressens un certain sentiment d’évolution. Il est bien plus agréable de s’entraîner lorsqu’on voit que les répétitions donnent un résultat. Ainsi, je m’entraînais et je m’entraînais, presque tous les jours ; à raison de 30 minutes à une heure par jour ; à la maison, au bureau, en déplacement, tous les jours contrairement à l’année 2017. Alors tout était censé se dérouler pour le mieux…

Mais non… ça a foiré !

Toutes les fois où je suis passée en audition, j’ai toujours été dans le grand doute de : quel est intérêt de jouer très mal devant autant de personnes. Bon ok, le public est clément. Il ne s’agit que d’une audition dans une petite structure publique d’activité « extra-scolaire » avec de parents gagas devant leurs créatures… Mais quel intérêt quand même ! Jusqu’à ce que je réalise qu’il y a peut-être du bon à s’habituer à échouer en public… à voir. Mais tout était censé se dérouler pour le mieux. Je connaissais le morceau par cœur, je me suis entraînée toute l’année avec ardeur, la répétition générale s’est bien passée, j’étais à l’heure ! Tout avait bien commencé, les premières notes étaient superbement posées, entrant chacune en harmonie avec les trois autres violons composant le duo joué en quatuor (donc nous étions 4 violonistes jouant un duo). C’était beau… mais ça a foiré !

En fait… j’ai foiré

Oui j’ai foiré. J’ai commencé d’abord à perdre la justesse. Puis d’un coup, je n’arrivais plus à avoir de prise sur ma baguette. Je me suis perdue dans le morceau, une fois, deux fois… Et j’ai dû m’arrêter. Je ne voulais pas gâcher le jeu des autres… Alors j’ai arrêté… Quelle déception ! J’étais si près du but. Ça allait être l’audition tant attendue, celle qui n’allait pas être gâchée par un énième échec… Mais j’ai foiré. Et vous savez quoi ? L’échec, ce fameux échec qu’on redoute tous. Cet échec qui renvoi à nos manques et à nos faiblesses, qui fait qu’on n’essaye jamais ou qu’on abandonne trop tôt… Celui-là même, fait en réalité partie du « game » : il fait partie de l’apprentissage…

Alors on échouera encore et encore

Je crois que l’entreprenariat, comme le sont les initiatives de projets en général (lire Rien n’arrête une idée) est du même ordre. On recherche l’harmonie, l’équilibre et la justesse dans quelque chose pour laquelle nous n’avons pas du tout été préparé. Non, jouer du violon n’est pas naturel et non entreprendre non plus. Et combien même cela le serait. Un enfant n’apprend pas à marcher sans tomber. Il tombe, il se fait mal et on le félicite ! « Bravo, continue ! ». Quelle idée serait de réprimander un enfant qui apprend à marcher ! Quelle idée serait de se réprimander pour l’échec d’une audition, d’une commande, d’un projet, ou de quelconque aventure entrepreneuriale… ! Tout est une succession d’apprentissages. On passe d’expériences en expériences. Alors on échouera encore et encore. Mais c’est ok, parce que même si le succès n’arrive pas ou tarde à arriver, au moins on est certain de vivre…

Et vous ?

Racontez-moi quelles aventures vous a conduit à l’échec ? Avez-vous regretté ? Souhaitez-vous abandonner ? Ou êtes-vous prêts à échouer le nombre de fois nécessaire pour y arriver, comme tant de musiciens dans ce monde ?

Revenons à la fête de la musique

J’aime la fête de la musique parce qu’elle célèbre indistinctement le travail ardu de nombreux musiciens qui passent leur vie à apprendre avec ardeur et sans s’arrêter ou en s’arrêtant et en revenant des années plus tard, quel que soit leur niveau, leur célébrité, ce sont tous les musiciens qui sont célébrés et avec ça ce sont tous ceux qui échouent et échoueront encore qui sont célébrés. Alors bonne fête de la musique, c’est définitivement la nôtre !

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  • Tres intéressant ! Mon dernier échec remonte d’il y a quelques semaines lors de la présentation d’une vidéo Qui niquel sur mon pc était juste horrible à l’écran devant plus de 200 personnes. Au début je me suis auto grondé et apres par la grâce de Dieu je me suis rappellé que ce n’était pas la fin du monde 🌎 😉

    • Ah oui j’imagine bien la déception, mais en effet ce n’est pas la fin du monde ! Merci pour le partage d’expérience Juliette ! N’hésite pas à partager ta vidéo sur d’autres réseaux après event ça compensera et touchera peut être aussi une deuxième fois ces mêmes 200 personnes.